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événement

À deux pas du Perron et du musée de la Vie Wallonne de Liège se trouve une boutique atypique dédiée à la franc-maçonnerie.  « La Commanderie » présente une quantité impressionnante de livres, de bijoux, de bibelots… et de décors brodés maison ! Max Rensonnet est le seul en Belgique à broder à la machine tous les symboles que désirent les frères. Sans aucune publicité, son savoir-faire et le rapport qualité-prix de cet art délicat ont déjà conquis de nombreuses loges du pays et ont même passé les frontières !

« Nous recevions des commandes pour des gants, des tabliers, des sautoirs… En Belgique, plus personne ne brode des décors. Nous avons étudié d’autres voies à l’étranger. Non seulement la qualité n’y était pas mais surtout, ils étaient fabriqués en Inde ou en Chine.  Étant maçon, je ne pouvais pas défendre des idées humanistes en loge le lundi, et faire travailler des esclaves pour ma boutique le mardi ! » s’indigne Max Rensonnet. L’Atelier de l’Art Royal, en France, correspondait mieux à mes attentes mais le délai de livraison était beaucoup trop important ». De fil en aiguille, lassé de ne pas mettre le doigt sur le produit idéal, l’idée de fabriquer lui-même les décors s’est insinuée chez Max. C’est à Troyes, en Champagne, qu’il a acheté sa machine à broder. « Nous avons suivi une semaine de formation pour la programmation des dessins, l’utilisation et le dépannage de la machine. Un  bel apprentissage ! »

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Une banque des symboles

Les symboles maçonniques n’étant pas enregistrés dans une banque de données, Max et un de ses amis professeur de techniques d’impression ont dû les redessiner tous pour les emmagasiner dans la mémoire de l’ordinateur couplé à la machine à broder. « Quand on sait que le seul rite écossais compte 33 degrés, on ne se demande pas pourquoi il nous a fallu deux ans pour les collectionner tous ! On peut se servir de ces patrons, même si certains nous demandent des décors plus simples ou plus compliqués. »

Avec le temps et l’expérience, des réglages ont été opérés pour utiliser moins de fil, gagner du temps et limiter le coût. « La broderie d’un gant prend un quart d’heure. Il faut ouvrir l’emballage, mettre le gant sur le manchon de la machine, enlever les sous-couches de viseline, remettre les gants dans l’emballage. Un travail délicat, à soigner. »

Max a aussi racheté le stock d’un artisan belge qui brodait à la main. A son décès, son épouse ne savait que faire de toute sa marchandise. Elle a trouvé une place de choix à la Commanderie qui a repris la technique et a reproduit les anciens décors. Pour les frangins qui le désirent, elle a aussi développé des broderies plus épaisses, comme celles faites à la main. « Son travail était  magnifique et impayable » témoigne Max en exhibant un somptueux aigle.

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La réputation de brodeur de Max fait tache d’huile. Les premiers clients sont bien sûr les fidèles de la Commanderie. Mais comme on se rend visite de loge en loge, les broderies se remarquent. Décors individuels et collectifs, versions contemporaines ou anciennes commencent à se bousculer. L’atelier fonctionne à flux tendu. Ici, ce sont des gants que l’on commande pour toute une commission, là c’est un décor pour un vénérable et pour un grand maître, là encore des tabliers pour tous les apprentis… Anvers, Gand, Visé, Bruxelles, Liège… passent leurs commandes.

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Des décors ont été adressés par des frères en Suisse, en Allemagne, en France. « Nous n’avons fait aucune publicité : c’est uniquement le bouche-à-oreille qui fonctionne. Il va nous falloir sauter le pas et engager du personnel pour répondre aux commandes. Nous présenterons prochainement le catalogue des décors en ligne, sur le site http://decorsmaconniques.be/ , pour montrer ce que nous faisons» explique Max Rensonnet qui a ordonné un nouveau décor à sa machine. Il le teste sur des gants, dans le sous-sol de sa boutique. Les matières y règnent en maître : tissus rutilants, chatoyants, or, bleu, blanc, turquoise, rouge, argenté, des rouleaux de viseline, des bobines de fil à broder, des fils de canettes… Et accrochés sur des cintres, des décors déjà prêts, merveilleux, étincelants.

Le souci du détail

« Les décors chinois sont minces, n’ont aucun soutien. Ils font illusion, un certain temps. Nous avons choisi la qualité du tissu, des fils, et nous soignons les finitions. Les broderies sont réalisées avec un sous-tissu de viseline qui raidit la broderie, et, à l’arrière, les fils sont masqués par un tissu qui les recouvre et les protège. »

Depuis les deux ans que fonctionne sa brodeuse, elle a réalisé 655 paires de gants… achetés en Chine. « Nos matériaux, nous voulons qu’ils viennent de Belgique ou au pire d’Europe. Mais là, nous n’avons pas eu le choix : c’était une question de prix. Ceci dit, avant de passer commande dans cette usine, nous nous sommes assurés, en nous rendant sur place, des conditions de travail et de vie des ouvriers. Pas question de déroger à cela ! »

Contact :

La Commanderie, 1, rue des Airs – 4000 Liège

+32 (0)4 266 30 15  contact@la-commanderie.be

www.la-commanderie.be