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événement

A Seraing, la boutique de Christian Maenhout est agencée comme une bijouterie de luxe ! Ses pièces d’orfèvrerie s’appellent cuberdons. Ils se déclinent ici en une pléiade de parfums : abricot, cannelle, cassis, Cointreau, lavande, mandarine, pêche, rose…  Ils voisinent avec des bonbons à casser, avec les choupettes au citron, à l’anis, à la violette, au cola, à l’eucalyptus et avec les oursons huilés, sucrés ou acidulés. Les présentoirs exhibent les mini-cuberdons qui dérident les classiques flûtes de champagne ; le sirop de cuberdon qui fait leur fête aux crêpes, gaufres, glaces, sauces… et qui peut même remplacer l’habituel confit du foie gras !

Ce ne sont pas des friandises que nous achetons chez « Bonbons à l’ancienne », c’est notre enfance qui nous est rendue !

« Un goût que je ne retrouvais pas ! »Christian Maenhout 2

Christian Maenhout travaillait au Ministère des Finances depuis quelques années déjà. Peut-on dire qu’il s’y ennuyait un peu ? En tout cas, il avait besoin « d’autre chose » pour pimenter ses journées. « J’ai toujours aimé l’ambiance des confiseries. Mais j’ai décidé d’en faire mon hobby lorsque j’ai lu un article annonçant la fin des bonbons à casser. Les Liégeois se souviennent de cette dame qui vendait des bonbons qu’elle cassait avec un marteau, place Saint-Lambert. On l’appelait « Madame Casse-Bonbons ». J’ai été triste d’apprendre qu’on ne trouverait plus ses bonbons. Alors, j’ai demandé à un artisan-confiseur de me fabriquer ces plaques de bonbons et je suis allé les vendre sur les marchés un peu partout dans le pays. Et souvent, dans la région de Charleroi, on me demandait si j’avais des « carabouillas ». Ce sont des bonbons noirs, à l’anis, dont le Borinage raffole. Les africains disent « avec carabouilla, jamais malade, jamais mourir, c’est bon pour tout ». Mais à Liège, le carabouilla ne fonctionne pas. En revanche, le cuberdon faisait un retour en force sur les marchés. J’en ai acheté beaucoup parce que j’adore ça. Mais ils étaient industriels et aucun n’avait le goût dont je me souvenais. » 

Six mois de patience et d’essais…

casse bonbonsAlors Christian s’est dit que, puisqu’il avait appris à fabriquer ces plaques de bonbons à casser,  il allait aussi essayer de refaire du cuberdon à l’ancienne. «L’artisan-confiseur avec lequel je travaillais m’a dit « Tu n’y arriveras jamais ! »

« J’avais la recette, je connaissais les ingrédients mais il fallait percer les secrets de fabrication, trouver la bonne température de cuisson, la durée… L’extérieur du cuberdon doit être ferme mais l’intérieur doit rester moelleux ! J’ai dépensé une fortune et six mois de mon temps, à tester, tous les soirs, des techniques différentes… Et j’ai fini par trouver ! » 

 Jours de fabrication artisanale

Lors des visites guidées dans sa boutique-usine, les mercredis et samedis après-midi, Christian raconte ses bonbons aux enfants, à leurs parents, à leurs grands-parents.cuberdons-atelier

Le cuberdon (cul de bourdon) serait né de l’erreur d’un pharmacien gantois qui voulait créer un bonbon contre la toux. Il y avait mis de l’eau, du glucose, de la vraie gomme arabique issue d’acacias, des colorants et des arômes naturels, il avait mélangé le tout dans un chaudron en cuivre, avait fait cuire à 130°… Christian a fait de même : un chaudron en cuivre, des arômes et des colorants naturels, de la gomme arabique. Le coulage dans des moules d’amidon, le séchage dans une chambre chaude, le démoulage, le soufflage pour enlever l’amidon et la mise en boîte : la création d’un cuberdon dure 7 jours !

Un cuberdon coûte 1 dollar au Qatar

Et sa durée de vie est de deux mois ! Au-delà de deux mois, le sirop n’aura plus la même texture souple. Pour être conservé plus longtemps, il faut qu’il reste en chambre froide à 0°. C’est ce qui explique en partie qu’au Qatar, le cuberdon se paie 1 dollar. Christian lui vous en vend 16 pour 5€.

Christian explique aussi à son public en visite qu’un bonbon à l’orange se fabrique avec du jus d’orange (parfum naturel) ; que la teinte mauve provient du jus de betterave (colorant naturel) ; que les choupettes, on les fabrique à la main, sans moule. Que pour avoir une pâte de fruit, il faut cuire le sucre à 90° ; qu’à 110°, on obtient de la gomme ; à 125° on a de la gomme demi-dure et à 130°, c’est le cuberdon…