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« Le moment est venu pour que l’Afrique devienne le prochain poumon économique dans le monde ». Et bien des économistes internationaux partagent cette pensée de Nelson Mandela, icône de la lutte contre l’Apartheid mais aussi d’une Afrique démocratique !
Le CWFFA croit aussi que l’Afrique est l’avenir du monde et le prouve en axant son Plan d’Actions 2015 vers l’Afrique économique. Le premier pays qu’il a ciblé est le Sénégal. Puisque l’un des membres de son Bureau, Pierre-Paul FRANCOTTE, est Consul honoraire du Sénégal en Belgique (Hainaut), il est en bonne place pour nous expliquer pourquoi le CWFFA a choisi de travailler étroitement avec le Sénégal.

  • Pierre-Paul FRANCOTTE : « Nous avons choisi ce pays de l’Afrique de l’Ouest pour différentes raisons.
  • D’abord parce que l’AWEX a décidé d’y mener une mission économique du 19 au 23 avril ;
  • Ensuite parce que mes fonctions depuis plus de trente ans me permettent de guider nos entreprises et de leur ouvrir des portes. La Convention de Vienne qui régit les mandats consulaires est on ne peut plus claire au sujet de notre core business puisque le point 5 de nos « objectifs » énonce que le Consul honoraire se doit de « promouvoir et favoriser toutes les initiatives économiques destinées à resserrer les liens bilatéraux entre la Belgique et son pays mandataire et valoriser efficacement les rapprochements dans tous les domaines ». Voici donc un atout supplémentaire ;
  • Mais aussi en raison des excellentes relations partenariales que nous entretenons avec le «Comité National Sénégalais du FFA» (CNSFFA), relais local du FFA International dont le nouveau Président, Bruno VENN, a repris une politique dynamique qui est accréditée sans réserve par Macky SALL, Président de la République, et son Gouvernement ;
  • Enfin parce que nous entretenons des liens réguliers avec SEM l’Ambassadeur de Belgique à Dakar, avec le Délégué général de Wallonie Bruxelles International, avec les dirigeants patronaux du pays et avec SEM l’Ambassadeur du Sénégal à Bruxelles ».
     PP-F«  Je dois aussi souligner, précise notre Consul honoraire du Sénégal, Pierre-Paul FRANCOTTE, que le CWFFA a été particulièrement impressionné par le discours de Madame Michaëlle JEAN, nouvelle Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). En se présentant au dernier Sommet mondial de la Francophonie devant la septantaine de Chefs d’États constituant cet immense lobby international, elle a mis l’accent sur les atouts exceptionnels de ce réseau d’affaires et en a fait sa priorité électorale. Le Forum Francophone des Affaires auquel nous appartenons et que nous représentons en Wallonie/Bruxelles, est le « bras économique » de l’OIF. Ces circonstances particulièrement favorables nous exhortent à suggérer à nos entrepreneurs d’être particulièrement attentifs à nos actions car elles visent à les conduire sur les marchés africains. Nous le ferons méthodiquement en mettant l’accent sur plusieurs pays qui méritent une attention toute particulière.»

 Les atouts sénégalais

En prémices de la mission économique que l’Agence Wallonne à l’Exportation et aux Investissements étrangers organise au Sénégal, l’ambassadeur du Sénégal, SEM Amadou Diop s’est dit particulièrement heureux de rencontrer « un aréopage d’opérateurs économiques et de capitaines d’industrie dont je prends l’invitation comme une manifestation d’intérêt pour mon pays(…) J’espère que le processus enclenché aujourd’hui, va s’inscrire dans une perspective de continuité (…) qui se concrétisera, le moment venu, par des investissements gagnant/gagnant pour les différentes parties prenantes. »

Ambassadeur auprès des sociétés wallonnes, quels arguments pouvez-vous leur avancer pour les intéresser au Sénégal ?

16686220889_80c56d1165_h« Le Sénégal s’est engagé dans un ambitieux programme d’amélioration de son climat des affaires par la construction d’infrastructures modernes et performantes ». Et de citer :

Un port autonome avec des procédures dématérialisées, fonctionnant à feu continu et disposant d’un terminal à conteneurs.

Une zone économique spéciale intégrée (ZESI) en construction ayant la vocation d’offrir un ensemble d’infrastructures et de services aux entreprises.

Un nouvel aéroport international (AIBD) d’une capacité annuelle de 3 millions de passagers en phase finale de construction. Des liaisons aériennes quotidiennes relient Dakar aux grandes capitales.

Une autoroute moderne réalisée en partenariat public-privé améliorant la mobilité urbaine et reliant Dakar à la ZESI, l’AIBD aux pôles régionaux de compétitivité, Thiès à Touba.

Un nouveau Centre international de Conférence vert, déjà fonctionnel, sur 50 hectares destinés à positionner le Sénégal comme un hub conférencier.

Un nouveau train rapide en construction à partir de 2015.

• Le premier pays africain à passer au numérique pour la diffusion audiovisuelle en 2015. »

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Bon à savoir aussi

Son Excellence n’en a pas fini d’énumérer tous les points forts que son pays offre aux investisseurs.

« Ils peuvent, entre autres, compter sur :

  •  Des ressources humaines de qualité avec un secteur d’éducation et de formation que les autorités considèrent depuis longtemps comme prioritaire. En effet, une des plus importantes préoccupations de la politique éducative du pays reste la scolarisation universelle de qualité pour former des compétences qui répondent aux besoins de tous les secteurs économiques,
  • Une sécurité des investissements, en la matière, le Sénégal est reconnu comme un havre de paix en Afrique, un pays stable et sûr. Une réputation confirmée par la forte présence d’organisations internationales et de multinationales qui ont fait de Dakar la base de leurs opérations régionales.

Cette tendance va s’accentuer, notamment au plan commercial, avec l’entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2015 du tarif extérieur commun au quinze pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avec ses trois cent millions de consommateurs.

  • Une protection juridique des investisseurs par un dispositif juridique communautaire qui ne fait pas de distinction entre nationaux et étrangers. Ce dispositif garantit la protection des droits de propriété et la possibilité de transférer les capitaux et les bénéfices.

Quant aux accords de non double imposition, ils assurent une transparence au statut fiscal de l’investisseur et lui évitent une double imposition. La Belgique et la France sont les deux pays européens avec lesquels le Sénégal a conclu ce type d’accord.

  • Des avantages fiscaux incitatifs que permet la réforme du Code général des Impôts. A titre d’exemple, toute entreprise, qui réalise 80% de son chiffre d’affaires à l’exportation, s’acquitte d’un impôt sur les bénéfices à un taux réduit de moitié, soit 15% au lieu de 30%.
  • Un réseau de télécommunications de haut niveau, les autorités ayant misé très tôt sur le développement de ces infrastructures en renforçant leur capacité et en les modernisant. En effet, le Sénégal, qui a aujourd’hui un réseau numérisé à 100%, est depuis plus d’une dizaine d’années une destination de choix pour l’externalisation de la relation client et des services informatiques à valeur ajoutée. Actuellement, la concurrence, entre les trois opérateurs de télécommunications que sont la Sonatel, une filiale d’Orange, Tigo, une filiale de Milicom international et Expresso-Sudatel, a permis une optimisation des coûts au grand bonheur des utilisateurs.

Et enfin, signalons que le Sénégal a créé depuis bientôt quinze ans, une Agence de promotion des Investissements et grands travaux (APIX) qui a capitalisé une grande expérience pour accompagner les investisseurs qui veulent s’implanter par des informations juridiques, fiscales, sur les procédures de création d’entreprise, de recherche de sites, sur la culture d’affaires du pays, etc.» 

Quelques points noirs subsistent

« Je dois à l’objectivité de mentionner qu’en dépit de ces atouts, il subsiste encore quelques handicaps en termes de lenteurs administratives, de faible productivité des entreprises et de faible diversité des activités, avoue SEM Amadou Diop.

Toutefois, ce n’est pas un hasard si le Sénégal abrite déjà un stock assez important d’investissements directs étrangers pour la région.

En effet, les dernières données disponibles de Doing business indiquent, en ce qui concerne les investissements, que l’index de transparence des transactions au Sénégal est de 6,0 au moment où celui de l’Afrique subsaharienne se situe à 5,0. En la matière, comme vous le savez, plus l’index est grand, plus les transactions sont transparentes.

La politique volontariste des autorités sénégalaises à l’égard des investissements directs étrangers a contribué de manière décisive à ce résultat.

Il me semble important de signaler d’emblée le sérieux, la rigueur et le caractère participatif du diagnostic sans complaisance de l’évolution économique et sociale du pays qui a précédé l’élaboration du Plan Sénégal Emergent.

Il a été constaté à cette occasion que depuis son accession à la souveraineté internationale, le Sénégal peine à réaliser dans la durée une croissance économique nettement supérieure à sa croissance démographique. A l’exception de la décennie 1995-2005, au cours de laquelle, le maintien de l’économie sur une bonne trajectoire, a permis la valorisation du revenu par tête d’habitant.

En conséquence, il n’a pas été possible de réduire de manière sensible la pauvreté et d’améliorer les conditions de vie des populations. »

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« Le diagnostic a également révélé que :

– Avec environ 14 millions d’habitants à dominante jeune, le Sénégal connaît encore une forte dynamique de croissance démographique (2,7%), même s’il a entamé sa transition démographique avec une baisse notable de la fécondité,

– La question de l’emploi demeure actuellement la première priorité des ménages et des politiques publiques,

– La perspective d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement à l’horizon 2015, donc cette année, est de plus en plus improbable, notamment en matière de réduction de la pauvreté, de baisse de la mortalité maternelle et infantile, d’accès à l’assainissement,

– La politique d’aménagement du territoire appliquée jusque-là s’est avérée inappropriée au regard de la répartition spatio-temporelle des populations, des activités économiques, des infrastructures et équipements concentrés sur la façade côtière et au centre du pays avec notamment une macrocéphalie au niveau de la région de Dakar, la plus petite du Sénégal en termes de superficie,

– Le manque de dynamisme de l’économie est également imputable au retard dans la mise en œuvre des réformes dans le secteur de l’énergie et de l’environnement des affaires, l’insuffisante capacité d’impulsion de l’État et des problèmes d’efficacité de la dépense publique ainsi que la résistance de certains acteurs au changement.

– Il s’y ajoute qu’au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) le taux moyen de croissance annuelle est à 6,4% sur la période 2008-2012. Dans l’Union économique monétaire Ouest africain (UEMOA), une croissance moyenne de 3,8% a été enregistrée sur les cinq dernières années. Les perspectives annoncent une croissance de l’ordre de 6,4% dans l’UEMOA et de 7,4% au niveau de la CEDEAO pour les cinq prochaines années.

Le Sénégal, avec une croissance moyenne de 3,1% entre 2008 et 2012, reste encore en retrait par rapport à cette tendance, avec un secteur privé relativement modeste.

Face à ces différents handicaps et contraintes, notre pays a, sous l’impulsion du Président de la République, Son Excellence Monsieur Macky SALL, décidé d’adopter un nouveau modèle de développement pour accélérer la marche vers l’émergence. »

Macky_Sall_Le Plan Sénégal Emergent, qu’est-ce que c’est ?

 Le Plan Sénégal émergent (PSE) constitue le référentiel de la politique économique et sociale actuelle du pays.

Son principal objectif étant d’ajouter de la valeur à l’environnement des affaires de manière à le rendre davantage plus favorable et d’améliorer les conditions de vie des populations, qui vont contribuer activement à la création des richesses tout en en profitant chacun selon son mérite.

Ce plan qui formalise la vision du Président de la République « d’un Sénégal émergent en 2035 avec une société solidaire dans un État de droit », repose, pour l’essentiel, sur trois piliers stratégiques qui orienteront les activités à mener dans le cadre de sa mise en œuvre.

 

Premier pilier :

• Une transformation structurelle de l’économie à travers la consolidation des moteurs actuels de la croissance et le développement de nouveaux secteurs créateurs de richesses, d’emplois, d’inclusion sociale et à forte capacité d’exportation et d’attraction d’investissements. Cet axe s’inscrit dans une option de développement plus équilibré, de promotion de terroirs et des pôles économiques viables afin de stimuler le potentiel de développement sur l’ensemble du territoire ;

Deuxième pilier :

• Une amélioration significative des conditions de vie des populations, une lutte plus soutenue contre les inégalités sociales tout en préservant la base de ressources et en favorisant l’émergence de territoires viables ;

Troisième pilier :

• Le renforcement de la sécurité, de la stabilité et de la gouvernance, de la protection des droits et libertés et de la consolidation de l’État de droit afin de créer les meilleures conditions d’une paix sociale et le plein épanouissement des potentialités.

Pour accélérer le rythme de réalisation des objectifs du PSE, il y a un plan d’actions prioritaires sur la période 2014-2018, adossé aux axes stratégiques, aux objectifs sectoriels et aux lignes d’actions de la stratégie.

De manière urgente, des réformes clés devront être menées d’ici 2016 pour améliore substantiellement l’environnement des affaires. Elles porteront, en particulier, sur l’automatisation des procédures administratives, l’amélioration de la compétitivité des facteurs de production et la promotion de l’investissement à fort impact. Ces réformes devront également être accompagnées par une diplomatie économique proactive, un approfondissement de l’intégration régionale pour renforcer la stabilité régionale, saisir les opportunités par les marchés extérieurs et favoriser une plus forte implication des sénégalais de la diaspora dans les efforts de développement national.

Il convient de mentionner que les autorités sénégalaises ont pris la pleine mesure de la nécessité de faire en sorte que cette nouvelle dynamique de croissance s’appuie aussi sur l’amélioration de la gouvernance dans tous les domaines de la vie économique et sociale, avec notamment le renforcement de la transparence et du principe de reddition des comptes. La forte croissance sera également soutenue par les fondements de l’émergence que sont les réformes de l’environnement des affaires et la modernisation de l’Administration publique, la disponibilité de l’énergie à un coût compétitif et la qualité des infrastructures de soutien à la production et du capital humain ainsi qu’un financement approprié de l’économie. »

Photos: Dakaractu.com; Flickr.com; Wikipedia.org